En 1933, les États-Unis sont en défaut de paiement. L’histoire peut-elle se répéter ?

Défaut de paiement de l’État de l’Arkansas, défaut envers le Panama et abandon de l’étalon-or… le pays de l’Oncle Sam est en incapacité de rembourser ses créanciers. Avec quels enseignements ?


En 2025, la dette publique française culmine désormais à près de 3 300 Md€ et les charges d’intérêt à 59 Md€. Une somme mirobolante, qui agite le chiffon rouge du défaut de paiement, c’est-à-dire l’incapacité pour l’État d’honorer ses créances. La littérature économique sur les défauts de paiement souverains est riche en leçons.

L’idée répandue : les défauts ne touchent généralement que les pays émergents ou en voie de développement, alors que les grandes nations sont épargnées. L’agence de notation financière Fitch Ratings confirme dans son dernier rapport du 27 mars 2025 que les grandes nations ont maintenu leur taux de défaut historique nul, soulignant leur robustesse face à la volatilité du marché. Le rapport de Fitch se concentre sur les dernières années.

Il suffit toutefois de regarder un peu en arrière pour constater que la liste des pays ayant fait défaut au cours de leur histoire ne fait pas de distinction entre les grandes puissances et les petites nations. Rien qu’au cours des cent dernières années, nous pouvons citer l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, l’Argentine, le Brésil, le Venezuela, le Mexique, la Chine, le Japon, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, l’Iran, l’Irak, les Philippines, le Sri Lanka, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la Grèce, la Pologne, le Royaume-Uni, etc. La première puissance mondiale a également fait défaut par trois sur ses engagements souverains… en 1933.

Quelles leçons en tirer ?

Défaut souverain sur la dette

Le défaut souverain survient lorsqu’un pays ne parvient pas à s’acquitter de l’intégralité de ses obligations financières, y compris le paiement des intérêts, envers ses créanciers. La…

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Auteur: Charbel Cordahi, Professeur de Finance & Economie, Grenoble École de Management (GEM)

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