En Afrique de l'Est, TotalÉnergies prépare l'oléoduc du « désastre »

Lions, buffles, impalas, girafes… Toutes ces espèces cohabitent au sein des aires protégées du Burigi-Biharamulo, en Tanzanie. Or, la multinationale française TotalÉnergies prévoit de faire passer, dans cette région riche en biodiversité, le projet East African Crude Oil Pipeline (EACOP), l’oléoduc chauffé le plus long du monde.

Avec ses 1 443 kilomètres à travers l’Ouganda et la Tanzanie, partant de deux zones d’exploitation pétrolière au niveau du lac Albert, en Ouganda, et débouchant dans l’océan Indien, en Tanzanie, ce mégaprojet pétrolier soulève une opposition internationale grandissante, menée par la coalition #StopEacop. Pourtant, TotalÉnergies est bien décidé à mener à bien le chantier.

Pour l’heure, en Tanzanie, les travaux n’ont pas réellement commencé, en dehors de zones stratégiques pour la logistique et le logement des ouvriers. Mais le tracé condense les inquiétudes des défenseurs de l’environnement. Dans ce pays, pas moins de 2 000 km2 d’habitats fauniques protégés sont menacés par Eacop, révèle un rapport de Survie et des Amis de la Terre France paru le 5 octobre.


© Les Amis de la Terre France / Survie

Parmi ces zones, on trouve aussi la steppe de Wembere, un « important lieu de passage tant pour les oiseaux saisonniers, que pour le chimpanzé oriental et l’éléphant d’Afrique, qui s’en servent de corridor », relate le rapport. Le tracé menace également des zones humides, constituant d’importantes réserves d’oiseaux, protégées par la convention internationale Ramsar votée en 1971.

« L’oléoduc ne traverse aucune aire protégée [selon] l’UICN [Union internationale pour la conservation de la nature] classée I à IV ni aucune zone Ramsar », se défend TotalÉnergies, contactée par Reporterre. Sauf qu’au-delà du tracé exact, les ONG alertent avant tout sur la pollution engendrée par le chantier, et les fuites de pétrole possibles lorsque l’oléoduc sera opérationnel. Ces dégâts pourraient bel et bien, eux, atteindre ces zones voisines dont la biodiversité est précieuse.

Fuites de pétrole et catastrophes naturelles : un manque d’anticipation ?

En Tanzanie, il est prévu que EACOP traverse trente-cinq cours d’eau, ainsi que le bassin du lac Victoria sur près de 400 kilomètres. Deuxième plus grand lac d’eau douce au monde, le lac Victoria constitue l’une des principales sources du Nil, et on estime que près de 40 millions de personnes en dépendent, rappellent les ONG. Les fuites de pétrole et la pollution…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Maïa Courtois Reporterre

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com