De révolte écologique à soulèvement politique
Tout commence par la défense d’un territoire. Au printemps 2026, des citoyens albanais se mobilisent contre un projet touristique de luxe porté par Affinity Partners, la société d’investissement de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, dont nous vous parlions en juin.
Estimé à 1,4 milliard d’euros, il s’agit d’un complexe hôtelier sur l’île de Sazan, ainsi que des aménagements résidentiels et touristiques sur le littoral de Vjosa-Narta. Or, ce site comprend une vaste zone humide abritant entre autres des flamants roses, des phoques et des tortues marines.
À Zvërnec, des habitants revendiquent par ailleurs la propriété de terrains concernés par le complexe de luxe. Pour les albanais, ce projet illustre l’inquiétante proximité entre pouvoir politique et intérêts privés. Née le 30 mai 2026 à Zvërnec, la « révolution des flamants roses » a vu plusieurs milliers de personnes manifester à Tirana et dans d’autres villes du pays pour se faire entendre.
Les “flamants roses” réclament la démission du gouvernement. Ils souhaitent également abroger une loi de 2024 permettant la construction de sites touristiques de luxe dans les zones protégées.
Les flamants roses fédèrent la colère d’une jeunesse
Mi-octobre marque un nouveau tournant avec l’arrivée massive des étudiants et des lycéens dans la mobilisation. Le 14 octobre, des dizaines de milliers de jeunes manifestent à Tirana pour dénoncer la hausse des frais de scolarité, les conditions et coût des études, les carences du système de santé et les faibles perspectives d’emploi après les études. Leur participation donne une nouvelle dimension sociale et générationnelle à la contestation.
Pour Ana, une des jeunes albanaises témoignant pour FranceInter, le Premier ministre est le principal responsable de la crise : “Edi Rama a transformé ce pays en dictature. On vit aujourd’hui dans une…
Auteur: Chloe Droulez
