Berlin (Allemagne), correspondance
C’est une mauvaise nouvelle pour l’écologie. À 69 ans, Friedrich Merz, le patron du parti chrétien-démocrate (CDU — conservateurs), a été élu chancelier de l’Allemagne, le 6 mai, et succède à Olaf Scholz. Celui qui a fait fortune comme avocat d’affaires et possède deux jets privés a été membre de nombreux conseils de surveillance, dont celui de BlackRock Allemagne, filiale du plus gros fonds d’investissement du monde. « Un recul est à craindre dans de nombreux domaines environnementaux, selon Olaf Bandt, patron de l’ONG écologiste Bund (Les Amis de la Terre). Le nouveau gouvernement veut saper des acquis essentiels et revenir en arrière. »
Pour le gouvernement Merz, la priorité va à la compétitivité et à la relance économique, plutôt qu’à la transition énergétique et à la lutte contre la crise climatique.
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Les grands objectifs du gouvernement précédent sont toutefois maintenus. L’accord de la coalition CDU/CSU — SPD (Parti social-démocrate) ne remet pas en cause l’objectif de neutralité carbone d’ici 2045. La date de sortie du charbon est aussi maintenue à 2038. Tout comme le versement de 100 milliards d’euros au Fonds pour le climat et la transition (KTF), obtenu en mars dernier par le groupe parlementaire écologiste, désormais dans l’opposition. De quoi prolonger bon nombre de programmes écologiques et relancer les primes à l’achat de voitures électriques.
La crainte d’une dépendance aux fossiles
Sur l’énergie, le plan de développement des énergies renouvelables est également maintenu et le retour du nucléaire n’est pas au programme. Deux phrases seulement du contrat de coalition évoquent un financement accru de la recherche sur la fusion nucléaire. En revanche, si le gouvernement Merz maintient le cap sur les énergies renouvelables, il veut le faire…
Auteur: Thomas Schnee

