Berlin (Allemagne), correspondance
Des vivats bruyants pour les énergies renouvelables, des huées furieuses pour la ministre de l’Économie conservatrice Katherina Reiche ! Samedi 18 avril, le « tempo » de la manifestation berlinoise, qui a réuni près de 20 000 personnes sous le slogan de « Défendons les énergies renouvelables » était clairement binaire. Sur les affiches, Mme Reiche était aussi une cible pour les caricaturistes. Avec la ministre en version « Œil de Sauron » ou en sorcière ajoutant du pétrole et du gaz dans le brouet saumâtre des énergies fossiles.
« Cette détestation est facile à comprendre. Notre ministre prépare des projets de lois qui veulent freiner les énergies renouvelables partout où cela est possible. Ceci juste au moment où la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz montre notre grande vulnérabilité énergétique. C’est pour cela que nous sommes dans la rue aujourd’hui », résume la journaliste et influenceuse environnementale Marisa Becker, venue de sa région de Saxe pour manifester devant le ministère de l’Économie.
Outre-Rhin, une coalition de grandes organisations environnementales telles que Greenpeace, le WWF, Fridays for Future ou le réseau Campact, ont décidé de lever la voix en mobilisant les partisans des énergies renouvelables pour une semaine de manifestations. Celle-ci a démarré samedi 18 avril, avec près de 80 000 personnes dans les rues de Berlin, Munich, Hambourg et Cologne. Elle s’achèvera le 24 avril par des mouvements de protestations sur tout le territoire.
Le dernier sondage en date tend à montrer que le moment est bien choisi. En effet, selon l’institut Insa, les Allemands semblent partagés sur la transition énergétique avec 43 % qui la jugent plutôt positive, contre 42 % qui la croient plutôt négative. 47 % des personnes interrogées restent néanmoins favorables à un développement accru des énergies…
Auteur: Thomas Schnee

