Saint-Péray (Ardèche), reportage
« Danger, amiante. » L’avertissement a été inscrit à la bombe dans le salon délabré d’une maison à Saint-Péray, à l’ouest de Valence. Un tas de tuiles en fibrociment, ce matériau de construction en fibres minérales particulièrement résistant, susceptibles de contenir de l’amiante, reposent près de la demeure. Un second bâtiment gît plus loin, éventré. Un tuyau en fibrociment dépasse de ses décombres. Les traces d’une démolition stoppée nette dès que les ouvriers de la déviation de la route départementale 86 (RD86) ont eu vent de la présence de la matière cancérogène.
Ils ont été informés au premier jour des travaux, le 10 octobre, par les militants écologistes du collectif Alterre, opposé à l’artificialisation de cette plaine maraîchère. Trop tard. La poussière de la démolition les recouvrait déjà. Ces salariés d’une entreprise d’insertion étaient venus sans équipement de protection défricher ce lieu, surnommé « Le Nichoir », en amont du chantier de la RD86.
Les travaux ont été ordonnés par la communauté de communes de Rhône Crussol (CCRC), présidé par Jacques Dubay, le maire de Saint-Péray. « Aucun salarié n’a été exposé à l’amiante », jure l’élu à Reporterre. Présente au « Nichoir », la conseillère régionale Les Écologistes Maud Grard constate pourtant que « les plaques de toiture en fibrociment ont forcément été manipulées ». Des analyses sont en cours pour connaître la dangerosité véritable des lieux.
Depuis, le crissement des tractopelles a cédé la place au bourdonnement d’abeilles. Du haut d’un bosquet de chênes centenaires, des militants écologistes guettent depuis le 12 octobre le retour des ouvriers. Ils et elles sont déjà une poignée à dormir au creux des arbres. « On restera aussi longtemps qu’on le pourra pour protéger cet espace de biodiversité contre cette route », promet…
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Auteur: Moran Kerinec

