Ernesto Gayá avait 2 ans quand ses parents et trois autres membres de sa famille, militant·es du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), ont été assassiné·es par la dictature militaire, en 1976. Père de deux enfants, il milite au sein du syndicat de l’Assemblée nationale et de l’association Enfants pour l’identité et la justice, contre l’oubli et le silence (HIJOS).
Vous m’auriez récemment demandé comment j’imaginais le 40e anniversaire du rétablissement démocratique de notre pays, j’aurais répondu : une grande fête populaire, semblable aux célébrations du Bicentenaire [de la révolution de 1810], jours merveilleux de 2010 où les gens riaient, dansaient et assistaient à des spectacles publics organisés par le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner. Hélas, quelques jours après l’entrée en fonction du président Javier Milei, le 10 décembre 2023, mes sentiments sont très différents. L’incertitude et le malaise cohabitent avec l’urgence prioritaire de protéger mon intégrité physique ainsi que celle de mes proches et de mes collègues. Dans le même temps, j’essaie de trouver la force de transmettre à mes enfants l’espoir que les mauvais moments ne sont pas éternels et que, à la fin, l’amour défait toujours la haine.
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Mais rien de bon ne nous attend. L’ampleur des effets d’une dévaluation du peso de plus de 150 % par rapport au dollar est encore inconnue. Et pourtant, depuis ma naissance, j’en ai connu, de tels plans d’ajustement aux conséquences socio-économiques tragiques, avec le transfert irréversible de richesses produites par une majorité des travailleurs vers une minorité qui se vante d’accumuler…
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