L’Europe et le Canada ont affiché un front uni lundi 4 mai lors d’une grand-messe diplomatique en Arménie, déterminés à faire bloc dans un monde soumis aux secousses de Donald Trump. « Nous ne pensons pas être condamnés à nous soumettre à un monde plus transactionnel, insulaire et brutal », a lancé le premier ministre canadien Mark Carney, en ouverture d’un sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan.
C’est la première fois qu’un dirigeant non-européen est invité à ce forum informel qui rassemble deux fois par an la quasi-totalité des pays européens, à l’exclusion de la Russie et de la Biélorussie. « Des réunions comme celle-ci nous ouvrent une autre voie », a assuré le chef du gouvernement canadien, qui s’est fait le chantre ces derniers mois d’une alliance entre les « puissances moyennes », face aux « puissances hégémoniques » comme les États-Unis ou la Chine.
Un soutien qui tombe à pic pour des Européens encore sonnés par la décision de Donald Trump il y a quelques jours de retirer 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne. Le tempétueux président américain a également menacé l’UE de nouvelles surtaxes douanières.
« Nous payons aujourd’hui le prix de notre dépendance excessive à l’égard de la protection offerte par les États-Unis en matière de défense et de sécurité », a jugé le président français Emmanuel Macron. Et d’ajouter, en évoquant le premier ministre canadien : « Si Mark est lui aussi présent, c’est parce qu’il se sent de plus en plus proche des Européens, parce que nous sommes tous ensemble, et que nous estimons que nous avons besoin de l’être. »
Les Européens se sont aussi engagés à muscler encore leurs propres capacités de défense. Le retrait des militaires américains d’Allemagne « montre que nous devons vraiment renforcer le pilier européen de l’Otan, et nous devons…
Auteur: La Croix (avec AFP)

