Après des années de progression dans les urnes, le FPÖ a gagné les législatives de dimanche dernier. Pour autant, il n’obtiendra probablement pas la chancellerie, notamment à cause de la radicalité de son leader. Reste à savoir s’il participera ou non à la prochaine coalition.
Herbert Kickl. Retenons bien ce nom. Ce politicien professionnel âgé de 55 ans, ancien ministre de l’intérieur (2017-2019) devenu chef du FPÖ en 2021, est l’homme qui aura permis à ce parti d’extrême droite, pour la première fois de son histoire, de remporter des élections législatives. Avec 29,2 % des suffrages, le FPÖ s’est placé en tête lors des élections de dimanche dernier, devançant ses principaux adversaires que sont l’ÖVP (chrétiens démocrates), le SPÖ (socialistes), NEOS (libéraux) et les Grünen (Verts) qui ont obtenu respectivement 26,5 %, 21 %, 9 % et 8 %.
Même si ce résultat était annoncé depuis de longs mois au regard des sondages qui plaçaient systématiquement le FPÖ en tête, le parti présidé par Herbert Kickl a provoqué dimanche dernier un véritable séisme politique. Mais si le FPÖ a remporté ces élections, rien ne certifie pour autant qu’il arrivera à récupérer le poste de chancelier, ni même qu’il participera à la prochaine coalition.
Un vainqueur embarrassant
L’ensemble des cadres des principaux partis ont jusqu’à présent refusé toute alliance et coalition avec le FPÖ version Herbert Kickl. Par rapport à son prédécesseur, Norbert Hofer, Herbert Kickl a opéré une radicalisation de son mouvement politique, n’hésitant pas durant cette campagne à défendre la thématique de la « remigration » durant ses nombreux meetings électoraux. Au soir des élections du 29 septembre dernier, le secrétaire général de l’ÖVP, Christian Stocker, a réitéré sa volonté de ne pas travailler avec le FPÖ de Herbert Kickl : « C’était ainsi hier, ça l’est également…
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Auteur: Benjamin Rojtman-Guiraud, Doctorant en Science politique, Université de Lorraine

