En Aveyron, des activistes éventrent des sacs de « nouveaux OGM »

Calmont (Aveyron), reportage

« RDV sur tel parking, à telle heure. » Vingt-deux ans après leur naissance, les Faucheurs volontaires sont toujours aussi peu bavards quand il s’agit de suivre leurs opérations de désobéissance civile. La cible du moment : les variétés rendues tolérantes aux herbicides (ou VRTH). Des semences obtenues en laboratoire par mutagenèse, via des procédés brevetés par les géants de la chimie.

Ainsi, la technologie du « clearfield » brevetée par BASF est « basée sur la combinaison efficace entre l’herbicide Pulsar 40® à base d’imazamox, de BASF et des variétés naturellement tolérantes à cet herbicide », explique la notice de l’entreprise. Or, justement, c’est un champ de tournesol VRTH, le Vollcano CLP, qui a été partiellement détruit en août dernier à Ambeyrac. « À la suite de cette action, on a pu retracer la destination des récoltes jusqu’ici », explique Christine, faucheuse de l’Aveyron.

Les Faucheurs ont trouvé de grands sacs estampillés « Nizza CL (Clearfield) : colza hybride ». © Grégoire Souchay/Reporterre

Une « inspection citoyenne » à la recherche de semences spécifiques

Ici, c’est Calmont, au sud-ouest de Rodez, dans les entrepôts du semencier RAGT, qui compte plus de 1 350 salariés et fournit plus de 200 variétés sur le marché européen. Ce 10 novembre, plus de 70 Faucheurs venus d’Aveyron et des départements voisins se sont donc introduits sur le site de la RAGT pour mener une « inspection citoyenne ». Les consignes aux participants sont très claires : « Pas de violence, on laisse le personnel tranquille, on ne vise que les semences VRTH, si on en trouve. »

Les Faucheurs arrivant dans l’entrepôt, le 10 novembre 2021. © Grégoire Souchay/Reporterre

Sans grande difficulté technique, les différents groupes ont exploré le site industriel et fini par trouver dans l’un d’entre eux un petit stock de grands sacs estampillés « Nizza CL (Clearfield) : colza hybride ». Bingo : « On a la certitude que ces semences-là ont été obtenues par mutagenèse appliquée sur cellule in vitro. Or, c’est le curseur imposé par le Conseil d’État pour réglementer la commercialisation : demande d’autorisation, étiquetage, traçabilité, séparation des filières », énumère Robert, un des participants. Au total, sept sacs de 1 tonne chacun ont été ouverts, répandus par terre en mélangeant du maïs avec du tournesol.

« On est dans le symbolique. On sait très bien que la RAGT a tous les…

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Auteur: Grégoire Souchay (Reporterre) Reporterre

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