C’est une « polémique » dont se serait bien passée la Christlich soziale union in Bayern (CSU, Union chrétienne-sociale), à quelques jours seulement des élections régionales qui doivent se dérouler le 8 octobre 2023 en Bavière.
Hubert Aiwanger, numéro deux du gouvernement régional bavarois, a vu son passé ressurgir dans la presse allemande. Il est accusé d’avoir rédigé un tract antisémite à l’âge de 17 ans, lorsqu’il était au lycée. L’affaire, qui remonte à l’année 1987/1988, a été rendue publique par le journal allemand Süddeutsche Zeitung à la fin du mois d’août. Le tract en question annonçait un « concours national » pour élire « le plus grand traître à la nation » puis invitait « les candidats à se faire connaître au camp de concentration de Dachau pour un entretien d’embauche ». Il dressait ensuite la liste des prix à décrocher : « Un vol libre dans la cheminée d’Auschwitz, un séjour à vie dans une fosse commune, une balle dans la nuque, une année à Dachau, une décapitation par guillotine ».
Hubert Aiwanger, aujourd’hui âgé de 52 ans, a au départ démenti en bloc les accusations, s’interrogeant sur l’opportunité de ces révélations à quelques semaines des élections et allant jusqu’à parler de « chasse aux sorcières ». Si de nombreuses voix l’ont invité à quitter ses fonctions, il a reçu un soutien de taille, celui de Markus Söder, le ministre-président de Bavière et président de la CSU :
« L’évincer de son poste ne serait pas proportionné […] Les faits remontent à 35 ans, personne n’est aujourd’hui celui qu’il était à l’époque. »
De nombreux élus souhaitant la démission d’Hubert Aiwanger se sont insurgés contre cette décision, et les réactions se sont aussi fait entendre parmi les responsables religieux du pays. De son côté, Karl Freller, directeur des mémoriaux bavarois, a estimé que la forme et le…
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Auteur: Benjamin Rojtman-Guiraud, Doctorant en Science politique, Université de Lorraine

