Cette enquête a été réalisée par le média d’investigation breton Splann !.
En lisant un journal local, l’été dernier, Claude a été pris d’une profonde amertume, une « nausée ». Le Télégramme du 11 juillet 2025 était consacré au site d’extraction de la multinationale Imerys où il a travaillé pendant plus de vingt ans comme ouvrier, à Glomel (Côtes-d’Armor), au milieu du bocage armoricain.
Le minerai d’andalousite, qui sert principalement à produire des matériaux réfractaires pour les fours industriels, est extrait dans deux vastes fosses puis concentré dans les usines du site. Dans le quotidien régional, la porte-parole du groupe décrivait ainsi l’activité : « Il n’y a pas de chimie, le traitement du minerai repose exclusivement sur des procédés physiques : concassage, broyage et séparation des éléments en différentes étapes. »
« Pas de chimie ?, s’est insurgé Claude lors de notre rencontre. Il y a des gens qui sont lourdement exposés dans cet atelier. L’usine où je travaillais consomme chaque année 20 000 kg d’acide sulfurique et près de 50 000 litres de solvants et autres produits chimiques. »
Preuves à l’appui, des vidéos prises dans l’enceinte du site Imerys montrent l’usage de ces produits chimiques dans l’usine et leur déversement illégal en juillet 2021. Des liquides aux couleurs psychédéliques sont vidangés au sol, la nuit, avant de s’accumuler dans l’égout puis dans le ruisseau qui traverse le site.
« Une sorte d’usine-fantôme »
Dans la mine de Glomel — qui est une carrière aux yeux de l’administration, en raison du classement de l’andalousite comme minéral industriel —, l’andalousite est traitée dans deux usines par des broyeurs et des procédés utilisant l’énergie et l’eau.
Mais environ 117 tonnes par jour de minerai à la granulométrie plus fine sont acheminées vers l’usine de flottation, qui fonctionne…
Auteur: Celia Izoard

