En Bretagne, les algues vertes pourraient gâcher l'été

Lorient (Morbihan), reportage

« S’il commence à faire beau et chaud, ce coin deviendra dangereux. » Contemplant la rade de Lorient, Pierre Loisel, référent Morbihan de l’association Eau et rivières de Bretagne, nous montre des grandes étendues vertes qui tapissent la vasière face à laquelle se dresse la Cité de la voile Éric Tabarly. En ce début de vacances d’été, ce musée dédié à la navigation, ainsi que les aires de jeux, bars et restaurants qui l’entourent, sont prisés des Lorientais et des vacanciers. Surtout quand il pleut, c’est une bonne alternative aux plages pour des sorties en famille. Mais les algues vertes, qui dégagent une odeur d’œuf pourri lorsqu’il fait chaud et peuvent relâcher des gaz toxiques, pourraient venir ternir la bonne ambiance estivale. S’il y a toujours eu un peu d’algues vertes à Lorient, celles-ci sont bien plus visibles depuis quelques années. « Il y a deux ans, les pompiers ont dû intervenir ici pour secourir un plaisancier coincé dans une quarantaine de centimètres d’algues », rapporte notre interlocuteur.

Afin de réclamer plus de moyens contre la prolifération d’algues vertes observée dans la région depuis plusieurs décennies, près de 500 personnes ont manifesté à Lorient le 5 juin dernier à l’initiative de l’association Eaux et rivières de Bretagne. Ces algues résultent d’une quantité trop importante de nitrate dans les eaux, en grande partie causée par l’agriculture intensive dans les terres. Les deux plans de lutte contre la prolifération des algues vertes (PLAV) mis en place par l’État et les collectivités territoriales entre 2010-2016 et 2017-2021, dans les huit territoires les plus touchés, sont jugés insuffisants par l’association.

« Il n’y a quasiment eu aucun résultat, certifie Pierre Loisel. L’ensemble de la Bretagne doit être concernée par le futur PLAV. » Dans un rapport publié le 2 juillet, la Cour des comptes partage ce constat d’échec. Elle propose que la lutte contre la prolifération des algues vertes soit étendue au-delà des huit baies bretonnes concernées par les PLAV, via les schémas d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage).

Algues vertes à Lorient.

« Les élus nient le problème, car cela pourrait nuire au tourisme »

Faut-il s’attendre à voir davantage de côtes bretonnes touchées par le phénomène des algues vertes, dans les mois et les années à venir ? « C’est difficile à prédire, mais a priori les baies les plus sensibles ont été déjà repérées »,…

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Auteur: Héloïse Leussier Reporterre

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