Dans la petite épicerie du village d’al-Tuwani, aux côtés de sa femme, Zakarya Adra soulève lentement son tee-shirt et montre les multiples cicatrices sur son abdomen. Certaines sont encore pansées, les fils apparaissent sur d’autres, et ce Palestinien de 30 ans grimace de douleur à chaque fois qu’il doit s’asseoir. « Honnêtement, c’est même inespéré que je sois encore en vie », indique-t-il, le regard vide.
À chaque fois, c’est la même stratégie. Ils font ce qu’ils veulent en toute impunité.
Shoog
Le 13 octobre 2023, alors qu’il est en train de prier à la mosquée du village, il entend des cris, sort et se retrouve nez à nez avec un colon israélien armé d’un fusil d’assaut qui lui tire dessus. Zakarya s’effondre et ne se souvient plus de rien. Trou noir. « Je suis resté quatre-vingt-deux jours à l’hôpital et j’ai dû subir 14 opérations. À cette époque, j’ai aussi perdu 30 kg parce que je ne pouvais rien manger », précise le jeune père de famille. Certaines parties de son pancréas ont dû être retirées, ses intestins ne fonctionnent plus. Et le colon israélien qui a tiré n’a pas été jugé.
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« Pire, c’est mon mari qui a été accusé d’avoir lancé des pierres, alors que des vidéos prouvent que c’est faux. À chaque fois, c’est la même stratégie. Ils font ce qu’ils veulent en toute impunité », explose Shoog, la femme de Zakarya, qui tient désormais le commerce familial à la place de son mari. Elle raconte que celui-ci ne voulait voir personne après son hospitalisation.
« Il avait perdu son sourire malicieux, sa force. Je lui disais qu’il fallait qu’il sorte, qu’il…
Auteur: Alice Froussard

