Sur un pan de mur, près de l’artère principale du camp de Balata à Naplouse, des photos de visages juvéniles sont collées, les unes à côté des autres. Ce sont les portraits des « martyrs », membres des groupes armés tombés ces dernières années dans leur lutte contre l’armée israélienne. Ils sont jeunes, posent tout sourire, armes en main. Au fond d’une ruelle étroite, Hani Shtwani, un habitant du camp, pousse la porte de son appartement. Dans un salon sans fenêtres, il s’assied, remonte ses manches et s’allume une cigarette.
« Ce n’est pas la première fois que les soldats investissent nos maisons, lâche l’homme de 50 ans, mais c’est bien la première fois que je les vois tout détruire à l’intérieur. » Hani n’en est pas à sa première visite de l’armée israélienne. Ces derniers mois, les soldats bouclent régulièrement le camp, officiellement à la recherche de combattants palestiniens et de leurs soutiens. Dans les faits, les arrestations ciblent aussi les habitants et ceux qui osent critiquer les actions d’Israël en Cisjordanie occupée, notamment sur les réseaux sociaux.
Sur le même sujet : En Cisjordanie occupée, la vie clandestine des habitants de Jinba
Sur les coups de 5 heures du matin, le mercredi 9 avril, des coups retentissent contre sa porte. L’armée, présente depuis la veille aux entrées du camp, entame ses recherches, foyer par foyer. « Ils nous ont tous regroupés dans le salon puis, après avoir contrôlé nos papiers, ils m’ont isolé, bandé les yeux et attaché les mains », détaille-t-il lentement. Seul, il fait face aux questions des soldats, alors que sa famille est enfermée dans une pièce attenante. « Ils me hurlaient ‘où sont les armes ? Où sont les armes ?’,…
Auteur: Louis Witter

