En Cisjordanie occupée, la vie des agriculteurs assiégés

Wadi Fukin et Burin (Cisjordanie), reportage

Une seule route mène encore à Wadi Fukin. Ce village palestinien au sud de Bethléem, en Cisjordanie occupée, est cerné de toutes parts par des colonies israéliennes. Les maisons ocre, toutes identiques, surplombent la vallée arborée vers laquelle serpente notre chemin, le seul encore ouvert. « Ne prends surtout pas de photos ici, les colons pourraient nous tomber dessus », dit le seul chauffeur de taxi qui ait accepté de nous conduire ici. Sa nervosité est croissante. « Récemment, ils ont jeté des pierres sur une voiture de Palestiniens, les enfants ont failli mourir. »

Après avoir passé des checkpoints et les murs oppressants des colonies, nous arrivons à Wadi Fukin, village d’irréductibles Palestiniens : détruit par l’armée israélienne en 1948 puis de nouveau dépeuplé lors de la guerre de 1967, il a été reconstruit deux fois par ses habitants. « Nous vivons maintenant dans une prison à ciel ouvert », s’exclame Ibrahim Manasra, agriculteur et responsable local du Arab Group for the Protection of Nature (APN, « groupe arabe pour la protection de la nature »), en guise de bienvenue. Le soulagement d’être arrivé laisse, en effet, vite place à un sentiment d’étouffement : les 1 400 habitants palestiniens de Wadi Fukin sont « totalement emmurés, encerclés », selon ses mots.

Une vie sous cloche

Au sud, les 60 000 colons, majoritairement des juifs hassidiques ultra-orthodoxes, de Betar Illit, colonie fondée en 1980. Au nord, la « ligne verte » qui trace la frontière entre Israël et la Cisjordanie, et la ville israélienne de Tzur Hadassah, construite en 1956 sur des villages palestiniens dépeuplés — et qui ressemble à s’y méprendre à une colonie. Ces enclaves font partie du bloc de 37 colonies de « Goush Etzion » autour de Bethléem, qui vise à isoler la ville de naissance de Jésus du reste de la Palestine. Ainsi, Wadi Fukin a perdu 87 %…

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Auteur: Philippe Pernot