Tauramena (Colombie), reportage
De la cordillère des Andes orientales aux plaines brûlantes et inondables du département du Casanare, la municipalité de Tauramena s’étend au cœur du bassin de l’Orénoque, à cheval entre la Colombie et le Venezuela, riche en ressources naturelles.
Commune devenue une zone clé de l’industrie pétrolière colombienne dans les années 1990 avec la découverte de l’un des plus grands gisements du pays, Cusiana, Tauramena a longtemps prospéré grâce à l’or noir. Une prospérité qui se fit au prix d’une dégradation progressive de ses ressources en eau.
Alors, lorsque vingt ans plus tard de nouveaux projets d’exploration ont menacé directement les sources hydriques de la municipalité, des habitants mobilisés ont convoqué un référendum. Victorieux. Aujourd’hui, le refus du pétrole tient encore, mais ils expliquent craindre un potentiel retour en arrière. Récit d’une victoire toujours fragile.
Routes impeccables, complexes sportifs, plus de voitures que de motos. Les redevances continuent de passer par là alors que plusieurs plateformes pétrolières sont encore en activité dans le sud de la commune, dont un centre de production de gaz.
« L’eau a commencé à disparaître »
Tauramena prospère, « mais les impacts environnementaux ont commencé à se voir et l’eau a commencé à disparaître », dit July Mendez, ingénieure environnementale, dont la famille s’est installée ici en 1994, attirée par le boom pétrolier.
Sur les flancs de la rivière Caja, elle s’assoit sur une pierre pour contempler le lever du jour. Le lit du cours d’eau est presque à sec. La terre est craquelée, blanchie par le soleil. On devine, à la forme des berges, le tracé ancien de la rivière.
« Cette rivière était abondante. L’industrie a capté beaucoup d’eau ici », s’attriste-t-elle. Un comble pour une municipalité dont le nom, Tauramena, signifie à l’origine…
Auteur: Camille Bouju, Marina Sardina

