Les Colombiens voulaient un changement radical et l’ont montré dans les urnes dimanche 19 juin. Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, ils ont choisi un président de la République socialiste et surtout une vice-présidente afrocolombienne, écologiste et féministe. Avec une participation importante de 57 %, l’économiste et ex-guérillero du M-19 dans sa jeunesse a devancé son adversaire de trois points : Gustavo Petro a recueilli 50,44 % des voix, contre 47,31 % pour Rodolfo Hernandez, son concurrent de droite.
Así fue mi voto, en medio de mi pueblo trabajador de Puente Aranda, Bogotá pic.twitter.com/q0n4yTpD23
— Gustavo Petro (@petrogustavo) June 19, 2022
À 62 ans, le sénateur et ex-maire de Bogota se présentait pour la troisième fois à cette élection nationale à la tête d’une coalition appelée « Pacto historico » (Pacte historique). « Le gouvernement qui entrera en fonction le 7 août sera celui de la vie, de la paix, de la justice sociale et de la justice environnementale », a-t-il déclaré dimanche soir devant des milliers de partisans, au côté de sa famille et de sa colistière Francia Marquez.
Jeunesse et écologie
Après deux crises sociales majeures en 2019 et 2021 contre le gouvernement conservateur d’Iván Duque, durant lesquelles la jeunesse était en première ligne, cette dernière a voté massivement pour le changement et l’espoir que suscitait le programme de Gustavo Petro.
Il a notamment mis l’écologie, la défense de l’Amazonie et à des minorités ethniques au cœur de sa campagne, du jamais vu dans un pays habitué à une droite conservatrice et des élites corrompues. Il a aussi promis l’université gratuite, des systèmes de santé et des retraites publics, une économie plus juste basée sur l’agriculture et le tourisme, et il souhaite enfin reprendre des négociations avec les groupes armés.
Ibagué. Hora de liberar las conciencias. Hora de ciudadanías libres. Es te es tu triunfo juventudes de todos los colores. pic.twitter.com/iwZ92DUMPl
— Gustavo Petro (@petrogustavo) June 20, 2022
La vice-présidente de « los nadie »
Mais c’est surtout sa vice-présidente qui soulève un vent d’espoir parmi les foules en attirant aux urnes les plus vulnérables. Francia Marquez, 40 ans, est le symbole de tous ces leadeurs sociaux et écologistes qui luttent pour les droits des humains à travers le pays et qui sont constamment assassinés ou menacés de mort. Issue d’une famille pauvre du village de Suarez, dans le département…
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Auteur: Reporterre

