À quoi sert la fausse polémique contre Butler ? À montrer que personne n’est à l’abri du discrédit. Même si vous êtes Judith Butler, si vous prétendez parler contre le génocide en Palestine, on vous fera taire. Nous devons répondre à sa demande, dire collectivement que nous la défendons, et qu’il faut que le génocide cesse maintenant.
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Je dois rester naïve malgré les années, car je n’aurais jamais imaginé que Judith Butler, la « papesse du genre », comme nous la surnommons affectueusement entre féministes, qui a formé des décennies d’étudiant·e·s en étude de genre dans des disciplines variées à travers le monde, pourrait un jour être attaquée en tant qu’universitaire et chercheuse suite à ses prises de position sur la Palestine lors du meeting « Contre l’antisémitisme et son instrumentalisation. Pour la paix révolutionnaire en Palestine ». Je la pensais intouchable en raison de sa contribution fondamentale aux études de genre. Mais dans des périodes réactionnaires, où la désorientation est la norme dans toutes les sphères sociales, où tous les verrous sautent les uns après les autres, ce qui semblait acquis ne l’est plus. Il semble donc aujourd’hui nécessaire de rappeler plusieurs évidences concernant Judith Butler.
Sur le fond, il serait trop long de revenir sur tous les apports que la pensée du genre doit à Butler. Dans une lecture toute personnelle, j’en pointerais seulement trois qui me semblent incontournables. Premièrement, Butler a systématisé le croisement d’une pensée du genre et des sexualités, qui lui était certes antérieure, mais qu’avec la théorie queer, et le contexte historique (suite à l’épidémie du Sida notamment), elle a contribué à durablement lier. Deuxièmement, elle a proposé une théorisation du genre comme « performatif », c’est-à-dire comme étant constamment créé par nos actes, nos gestes, nos comportements. En termes…
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Auteur: redaction

