Belém (Brésil), correspondance
Plus de 1 600 lobbyistes des énergies fossiles ont été autorisés à participer à la COP30. Dévoilé le 14 novembre à l’aube, ce chiffre témoigne une nouvelle fois du poids écrasant de l’industrie des hydrocarbures dans les négociations climatiques internationales. Ces émissaires « sont nettement plus nombreux que presque toutes les délégations nationales », excepté celle du Brésil — pays hôte —, déplore la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out à l’origine du décompte.
Lors de son discours d’ouverture, le 6 novembre, le président Lula avait pourtant assuré que « la participation de la société civile et l’engagement des gouvernements infranationaux seront cruciaux ». « Nous serons inspirés par les peuples autochtones et les communautés traditionnelles, pour qui la durabilité a toujours été synonyme de vie », avait-il déclaré.
Une promesse formulée après le tollé provoqué par l’immixtion massive de lobbyistes d’industries polluantes lors des précédentes éditions du grand raout climatique. Force est de constater que celle-ci n’a pas été tenue. Proportionnellement au nombre de participants, les représentants des géants de l’hydrocarbure sont même 12 % de plus qu’en 2024, lors de la COP29 en Azerbaïdjan. Un participant sur 25 défend ainsi les intérêts de ce secteur à Belém : une concentration inédite.
Rien d’inattendu pour Bruno Bassi, membre du média De Olho nos Ruralistas, ayant publié une étude sur l’influence des lobbies à la COP : « Il existe une très grande proximité entre le secteur privé, la présidence de la COP et l’État brésilien. »
50 fois plus que les Philippines
À titre de comparaison, ces lobbyistes sont près de 50 fois plus nombreux que les délégués officiels des Philippines, frappés par des typhons dévastateurs au moment même où les négociations battent leur plein à Belém. Ou…
Auteur: Paula Gosselin, Raphaël Bernard

