« En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel  

Les interdictions de rassemblements et manifestations se multiplient dans de nombreuses villes, alors qu’un Acte II s’annonce ce samedi 24 octobre. Lyon, Marseille, Nice, Lille… De nombreuses préfectures ont interdit « toutes manifestations » ce week-end. Quant au couvre-feu, il est également prolongé dans certaines villes comme Paris. Certains partis politiques et syndicats dénoncent ces mesures. « Les libertés publiques ne peuvent pas être une variable d’ajustement d’un exécutif en perdition », affirme LFI, tandis que Marine Tondelier a déclaré : « Je ne reconnais plus mon pays ». Pour la CGT, Sophie Binet déplore un « tournant inquiétant ».  

Ces mesures portent-elles atteinte à l’Etat de droit ? C’est la question que nous avons posée au constitutionnaliste Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’Université Paris-Panthéon-Assas.  

Comment comprendre les mesures d’interdiction de manifestations et de couvre-feux annoncées dans plusieurs villes ?  

Il faut comprendre que ces mesures ne sont pas des mesures punitives, ni exceptionnelles. Ce sont des mesures d’ordre public, c’est-à-dire qu’elles visent à assurer l’ordre public en cas d’un trouble potentiel. En droit, lorsqu’on parle d’ordre public, on fait référence à la sécurité publique. Les mesures prises pour protéger l’ordre public peuvent être en ce sens des mesures restrictives de liberté. Mais elles doivent être,…

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Auteur: Chiara Carbonnet