Émeutes racistes en Espagne et en Angleterre, militarisation généralisée, extrême droite aux portes du pouvoir en France sponsorisée par les milliardaires, gouvernements néofascistes en Italie et en Hongrie : la fuite en avant a lieu dans toute l’Europe depuis des années, mais elle s’accélère partout. Nouvelles démonstrations ce week-end.
En Allemagne, les néo-nazis s’imposent pour la première fois dans une région depuis la seconde guerre mondiale
Sur la chaîne officielle de l’AfD, le parti néo-nazi allemand, une vidéo en direct sur Youtube filme la soirée électorale dans le land de Saxe-Anhalt, dans l’est du pays. En fond sonore, on entend la chanson «Erika» remixée avec de la musique techno. Erika est un célèbre chant militaire allemand composé en 1938 par le nazi Herms Niel, très populaire au sein de l’armée du Troisième Reich. Le même soir, un jeune militant de l’AfD, interrogé face à la caméra, fait un salut nazi, son interlocutrice lui dit : «Vorsicht mit der Hand !», «Attention à la main !»
Voilà l’ambiance à Magdebourg, capitale du land de Saxe-Anhalt le 6 septembre. Les héritiers du nazisme sont littéralement de retour, et montent à une vitesse fulgurante. Ils ont réalisé 45% des voix dans cette région, où la participation a été très haute : c’est un véritable succès électoral pour Ulrich Siegmund, le chef local du parti, un raciste pro-Trump et adepte des réseaux sociaux. Le deuxième parti, la CDU, de droite, arrive très loin derrière.
Cette victoire est symboliquement cruciale. La Saxe-Anhalt, territoire calme et peu peuplé au cœur de l’Allemagne, a été la première région à élire des nazis dans les années 1930. Quelques mois plus tard, Hitler était à la tête du pays. Après cette victoire, la dirigeante de l’AfD Alice Weidel réclame que le chancelier en place soit «remplacé avant Noël» et des «élections fédérales…
Auteur: B
