C’est pourquoi le collectif CAP loup, qui réunit une quarantaine d’associations de protection de la nature, publie une pétition sur La Relève et La Peste pour demander à l’État de stopper les tirs létaux systématiques. Ils réclament « une gestion équilibrée, fondée sur la prévention et la protection des troupeaux. »
Le passage d’une protection à une régulation de l’espèce
Jusqu’à cette décision sans précédent, les loups étaient strictement protégés en Europe, par la convention de Berne de 1979, puis par la directive européenne « Habitats, faune, flore » de 1992.
Revenu en France depuis l’Italie à partir de cette même année, Canis lupus ne pouvait officiellement être abattu qu’à titre dérogatoire et exceptionnel, en cas d’importantes attaques sur des troupeaux domestiques. Néanmoins, le soutien de la France à l’abaissement du statut de protection du loup fait suite à un long glissement vers une politique de régulation dans l’hexagone.
« À partir de 2004, 2, 3, 4, 5 loups sont tués par an. Cela reste assez anecdotique. Mais en 2012-2013, il y a eu un vrai tournant, un changement de doctrine », explique Farid Benhammou, géographe spécialiste des relations entre l’homme et les grands prédateurs d’Europe, chercheur associé au laboratoire Ruralités de l’Université de Poitiers, pour La Relève et La Peste.
« La première brigade loup, les premiers tueurs de loup spécialisés, est créée puis attachée à l’ONCFS [L’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, devenu l’OFB]. Les tirs de loups ne sont plus anecdotiques et commencent à monter en flèche. »
À partir de 2019, le quota annuel de loups pouvant être abattus est quasiment doublé, passant de 10 % à 19 % de la population lupine estimée. Jusqu’alors, ce plafond pouvait être relevé à 21 % de façon exceptionnelle : uniquement s’il était atteint avant la fin de l’année.
Mais le…
Auteur: Eloi Boye

