2025 s’ouvre sur de funestes perspectives pour les acteurs culturels. L’annonce de coupes budgétaires drastiques par l’État et les collectivités territoriales menace une partie du secteur et tout particulièrement les lieux intermédiaires qui jouent un rôle central dans l’irrigation du territoire : éducation artistique et culturelle, animations socio-culturelles, interventions dans les territoires ruraux, festivals, résidences d’artistes, créations partagées, etc. C’est tout un travail de fond, résultat d’une œuvre sédimentée sur la durée, pour ancrer d’autres manières de voir et de faire, de concevoir le vivant et les rapports de force, d’instiller du rêve et de la poésie, qui est menacé de disparaître. Pire, ce travail est nié par une vision utilitaire du monde où prime la rentabilité, la concurrence, « l’innovation » et les projets « créatifs ». Les mots vides de sens du modèle gestionnaire l’ont emporté pour de bon. Mais s’il n’y avait que ça.
Cette crise n’est pas conjoncturelle, le malaise est bien plus profond, comme en témoigne le sentiment d’impuissance des acteurs de la culture. En cause, leur armature conceptuelle entachée par une faute originelle : celle d’avoir cru aux paroles du ministre de la culture de François Mitterrand. Jack Lang affirmait en 1982 dans le discours de Mexico que la culture pouvait « vaincre la crise économique ». Cette justification fantaisiste demeure encore de nos jours comme un ultime rempart à la désagrégation du service public de la culture. Sur France Culture, le metteur en scène Thomas Joly assène que « la culture, c’est aussi un investissement et qu’elle crée de la richesse » (10/1/2025). L’argument des externalités positives, Aurélie Filippetti l’avait déjà brandi sous François Hollande. Avant elle, certains artistes l’avaient clamé lors de l’annulation du festival d’Avignon en 2003 : « Voyez comme la…
Auteur: dev

