Lors des élections législatives allemandes du 26 septembre, une nouvelle chancelière ou un nouveau chancelier sera élu à la place d’Angela Merkel. Reporterre publie une série d’articles présentant certains des enjeux écologiques débattus outre-Rhin : la voiture électrique, les forêts, la taxe carbone et aujourd’hui, le charbon.
Garzweiler et Kuckum (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne), reportage
Soudain, la route s’arrête. Elle laisse place à un immense trou grisâtre, paysage lunaire. Aussi loin que le regard porte, pas un signe de vie, pas un oiseau, pas un brin d’herbe. Il faut regarder tout au fond, à 200 mètres de profondeur, pour trouver de l’activité : des excavatrices creusent dans les strates du sous-sol pour extraire le charbon. Les camions qui vont et viennent semblent minuscules.
Nous sommes au bord de la mine à ciel ouvert de Garzweiler II, à une heure de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne. Un cauchemar environnemental et climatique : destructeur de biodiversité, le site est aussi le plus gros émetteur de gaz à effet de serre d’Europe. « Ici, avant, il y avait trente-six villages, des forêts, de vieilles églises, énumère David Dresen, un habitant du coin. Tous les gens qui ont dû partir d’ici ne pourront jamais y revenir. Ça a disparu pour toujours. »
Ouverte en 2006 pour alimenter les centrales voisines, la mine s’étend sur 48 km2. Quarante-quatre mille habitants ont été expropriés de leur maison, au nom de la primauté du droit minier dans la loi allemande. Pas assez, selon son exploitant. Le géant de l’énergie RWE a certes dû renoncer à raser la forêt de Hambach, qui était devenue un symbole des mouvements pro-climat. Mais les autorités allemandes ont classé la mine de Garzweiler II « indispensable à l’approvisionnement énergétique » du pays. RWE a reçu l’autorisation de détruire deux villages supplémentaires d’ici la fin de l’année, puis cinq autres d’ici 2028.
La mine de Garzweiler s’étend sur 48 km2. © Violette Bonnebas / Reporterre
David Dresen est concerné. Dans la petite localité de Kuckum, sa famille est propriétaire d’un corps de ferme en brique, typique de la région, depuis le XIXe siècle. David y élève des poules, sa mère des chevaux. RWE leur propose de déménager sept kilomètres plus loin, dans un village tout neuf, encore en chantier. Le terrain serait bien plus petit, il serait alors impossible de garder les animaux. « Il en est hors de question, affirme David Dresen. Ici,…
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Auteur: Violette Bonnebas (Reporterre) Reporterre

