« Déni de la réalité loc. nom. (Psychanal.) : Refus de reconnaître une réalité dont la perception est pénible pour le sujet qui la place hors du champ de la conscience. » C’est une des propositions de mon dico pour « déni ». Dès lors, En finir avec le déni, comme le revendique le titre du livre éponyme de Marc Joly & Christian Savestre récemment paru chez Anamosa, me semble représenter un « vaste programme », comme l’avait dit, raconte-t-on, de Gaulle commentant un cri provenant de la foule massée sur son passage : « Mort aux cons ! » Non que je conteste en quoi que ce soit la nécessité ici affirmée, mais cela me paraît un chouïa volontariste, à l’heure où, toustes autant que nous sommes, nous nous retrouvons souvent à pratiquer ce refus, à coup de « je sais bien mais quand même », à propos de l’usage des smartphones, par exemple. Pour autant, et comme l’ont très bien montré deux excellents articles récents de Brice Costa (parus sur lundi matin) à propos de ces dispositifs asservissants, il ne s’agit pas de s’en remettre à une soi-disant responsabilité individuelle de leurs usagers lambdas.
[Voir notre entretien avec Marc Joly : Emmanuel Macron est-il un pervers narcissique ?]
Ce n’est évidemment pas ce que font les deux auteurs de ce très bon livre. Ils lèvent d’ailleurs l’équivoque qui pourrait naître du titre dès le premier chapitre de leur ouvrage, plus précisément dès la première section de ce chapitre intitulée : « Politique du déni pervers ». « Pour les psychologues, écrivent-ils, le déni est un mécanisme de défense, un aménagement psychique qui aide à supporter une contradiction interne ou une effraction externe, à surmonter une rupture brutale de la continuité et de l’intégrité cohésives du moi. Il revêt nécessairement une dimension interactive, soit que son organisation même repose sur autrui, ce qui est le propre des dénis…
Auteur: dev

