Mais quelle mouche peut bien piquer les ressortissant.es des sciences humaines pour que certains d’entre eux et elles foncent tête bêche en littérature ou en poésie ?
Le petit monde éditorial hexagonal de la gauche critique se peuple ainsi de livres où leurs auteurs et autrices délaissent les outils et rigueurs – stylistiques et méthodologiques – de leur armature intellectuelle première pour s’adonner à une écriture littéraire et/ou poétique en vue d’y déployer cette même charge politique à partir de leur subjectivité sensible.
Ce faisant, s’abandonnant à leurs rumeurs corporelles, ces nouveaux auteurs et autrices délaissent simultanément les « ils » et « elles » rencontrés à la faveur d’un terrain/ entretien nourrissant telle recherche socio-politique, pour faire place à leurs « je » ultra situés en quête d’un devenir minoritaire niché dans un monde hostile.
Et quoi de plus hostile et politiquement vendeur pour un lectorat citadin « conscient » gorgé de culture plus ou moins autorisée qu’une campagne française peuplée d’hommes blancs fachos, réac, racistes, sexistes, homophobes, chasseurs, etc. ? Les chemins de croix des âmes progressistes au milieu des beaufs et autres rednecks, quoique non nouveaux dans la littérature occidentale, sont en France un motif littéraire fort en vogue depuis une dizaine d’années avec le succès du premier opus d’Edouard Louis.
Les jeunes transfuges intellectuels affranchis des contraintes de validation scientifique s’oublient dans leur « je » littéraire, devenant les témoins-narrateurs-analystes omniscients de leur propre condition, posant une moraline militante à défaut d’horizon politique consistant.
Dans cette veine, vient donc de paraître aux éditions Cambourakis, Péquenaude de Juliette Rousseau.
Militante activiste (ZAD, associations, ONG) aux alertes politiques principalement féministes et écologistes, elle est l’auteure de…
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Auteur: dev

