Le 10 novembre 2025, sur France 5, Cyril Dion, militant écologiste, ose une comparaison entre le nombre de morts causé par le terrorisme islamiste et celui causé par la pollution de l’air en France, qui lui est bien supérieur. Cris d’effrois dans toute la droite et même au-delà. C’est immonde. Ce n’est pas comparable. Il minimise les attentats du 13 novembre, etc.
Ces réactions sont évidemment attendues, de par la mainmise de l’extrême droite sur une partie du monde médiatique qui manie la panique morale aux dépens de la réflexion. Mais, pour l’exercice, partons du principe que cette indignation est sincère, qu’elle touche un large spectre politique, et qu’elle témoigne de l’incapacité, en partie entretenue, à penser les modalités de la mise à mort dans nos sociétés. Car oui, cette comparaison est tout à fait recevable et éclairante, mais malheureusement en partie intenable à cause de la place particulière qu’a prise « l’écologie » dans le champ politique, médiatique, et plus généralement dans le discours qui imprègne toute la société. Car c’est bien parce que l’écologie, la pollution, les impacts environnementaux semblent appartenir à une catégorie distincte, nébuleuse, en dehors du reste de la société que la comparaison choque. Alors en quoi la comparaison est-elle recevable, généralisable, et comment la catégorisation actuelle de l’écologie l’interdit-elle et empêche-t-elle le mouvement vers une société avec moins de pollution et de terrorisme ?
Pour apaiser la suite de la discussion, il faut rappeler qu’une comparaison n’est pas la mise en équivalence de deux termes les traitant comme parfaitement égaux dans toutes leurs qualités. Ici on compare un aspect des deux objets, à savoir le nombre de morts causés. De plus, dire que A cause plus de morts que B ne signifie pas que B est souhaitable, et ne minimise pas la gravité de B. Encore une fois, on privilégiera la…
Auteur: ugopalheta

