Nous ne sommes pas en économie de guerre. Comme l’a rappelé Dominique Plihon, celle-ci est « la subordination de l’appareil productif à l’effort militaire. […] L’économie devient administrée. C’est la fin de la liberté de circulation des capitaux, le rationnement de certains produits, une fixation autoritaire des prix sur les produits de base. » La guerre sert de prétexte pour accélérer les réformes libérales et démanteler les acquis sociaux, sous couvert d’urgence nationale.
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Loin de protéger nos industries stratégiques, l’Europe continue de privilégier les intérêts privés au détriment de la souveraineté économique. Le paradoxe est terrible. Alors que nous prétendons sanctionner la Russie, nous en importons toujours des hydrocarbures par des circuits détournés. Pire, les demandes américaines d’augmentation des budgets militaires en Europe ressemblent davantage à une pression pour acheter de l’armement états-unien qu’à une réelle stratégie de défense commune. Donald Trump a même déclaré une guerre économique ouverte à l’Europe, allant jusqu’à menacer d’occuper militairement le Groenland, rattaché aujourd’hui au Danemark.
La paix est toujours une construction politique. C’est une erreur de penser qu’elle est la conséquence d’une situation économique.
Si vis pacem, para bellum (« Si tu veux la paix, prépare la guerre ») est un sophisme dangereux. Cet adage latin est un paralogisme en réalité. Napoléon avait ironisé en révélant l’absurdité de sa réciproque : Si vis bellum, para pacem (« Si tu veux la guerre, prépare la paix »). Il serait plus juste d’énoncer : Si non vis bellum, para pacem (« Si tu ne veux pas la guerre,…
Auteur: Jérôme Gleizes

