Depuis plus de 25 ans, le Venezuela fait l’objet de nombreux commentaires très tranchés avec très peu de place pour la nuance. Si le pays n’est sans doute pas une utopie sur terre, il n’est probablement pas non plus la dictature sanguinaire décrite par certains. Avant tout, le Venezuela reste la victime d’un impérialisme étasunien féroce.
Depuis l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis de Donald Trump, toutes sortes d’experts autoproclamés s’expriment sur ce pays, sans l’avoir réellement côtoyé de près. Pour démêler le vrai du faux, Mr Mondialisation propose une enquête en cinq volets constitués avec l’appui de spécialistes sur le sujet, ayant vécu sur place et étudié la politique du Venezuela depuis plusieurs décennies, loin des éditorialistes de plateau.
Une manne pétrolière considérable
Il est impossible de comprendre la situation du Venezuela si l’on ne garde pas à l’esprit que ce pays possède la plus grosse réserve de pétrole du monde (300 milliards de barils selon les estimations), devant l’Arabie Saoudite. Un pétrole qui appartient en outre en grande majorité à la catégorie du sable bitumineux, une substance épaisse, très coûteuse et polluante à extraire.
Or, cette information n’est pas anodine, puisqu’il faut des installations spécifiques, qui coûtent plus cher, pour tirer parti de ce type de ressources. Et, en raison d’une politique coloniale ancienne, ce pétrole a très longtemps été exploité par des entreprises venues des États-Unis, ce qui explique que de nombreuses usines américaines disposent d’équipements en mesure de procéder à ces opérations.
Une chasse gardée américaine
Dès le début du XXe siècle, lorsque le Venezuela prend conscience des ressources sur lesquelles le pays est assis, les États-Unis s’intéressent également de près à ce trésor national. En 1908, le vice-président local, Juan Vincente…
Auteur: Mr Mondialisation

