Après une remise à plat de la période Chavez dans le premier volet de cette enquête, puis un premier mandat pour le moins troublé, décrit dans le deuxième volet, Nicolàs Maduro voit son pays plongé dans le chaos aussi bien économique que social, à l’aube de nouvelles présidentielles.
De plus en plus bousculé par les États-Unis et ses mesures coercitives, ainsi que par une opposition putschiste, la nation a été forcée de se réinventer dans son rapport à l’autonomie et dans son approche démocratique. Récit d’une période de bouleversements intenses.
Nouvelle victoire présidentielle
Après cinq ans de chaos, Nicolàs Maduro se représente à nouveau aux présidentielles en 2018 dans un contexte économique absolument désastreux mêlant récession et inflation incontrôlable. Effondrement du cours du pétrole, mesures étasuniennes et climat insurrectionnel rendent la situation pratiquement ingérable.
Beaucoup se disent alors que l’opposition a toutes ses chances de remporter la mise tant la crise est profonde. Pour autant, les observateurs les plus avisés avaient noté qu’en 2017, quelques mois avant le vote, le peuple avait déjà redonné toute sa confiance aux Chavistes.
Les urnes avaient, en effet, désigné 18 gouverneurs sur 23 aux élections locales avec un taux de participation passé de 54 % en 2012 à 61 % cette fois-ci. Sans doute due à « l’incohérence des dirigeants de droite », analyse Maurice Lemoine. Mêmes résultats aux municipales de 2017, où le PSUV remporte « 305 des 355 » scrutins.
Focalisation médiatique sur l’opposition d’extrême droite
Le MUD (Mesa de la Unidad Democrática), principale alliance d’opposition qui regroupe des mouvements allant du centre à l’extrême droite et moteur essentiel de l’insurrection permanente, a bien conscience qu’une deuxième…
Auteur: Simon Verdiere

