Collier County (Floride, États-Unis d’Amérique), reportage
Betty Osceola gare son 4×4 à quelques mètres de la route. Elle enlève ses chaussures et se met à marcher dans le marécage. Ses tibias trempent dans l’eau couverte d’herbes basses. La membre de la tribu Miccosukee arrive à un étang, où, enfant, elle venait se baigner. À 58 ans, la militante écologiste se bat depuis des années pour protéger cet écosystème de zones humides. Les Everglades, dans le sud de la Floride, sont désormais menacés par le centre de détention pour personnes migrantes, Alligator Alcatraz, situé à moins de 2 kilomètres.
Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration illégale l’une des priorités de son mandat, voulant expulser les personnes sans titre de séjour, avec un objectif de 3 000 arrestations par jour par la police de l’immigration (ICE). Ces politiques ont été accompagnées de nombreuses violations des droits des personnes migrantes et d’arrestations de personnes qui ont un titre de séjour ou la nationalité étasunienne.
Lors d’une visite juste avant l’ouverture d’Alligator Alcatraz en juillet, le président étasunien a affirmé que les alligators feraient office de policiers si des détenus s’échappaient. Le centre, qui dispose d’une capacité de 3 000 places — le nombre de détenus n’est pas communiqué —, est opéré par l’État de Floride, pour assister les autorités de l’immigration.
Des organisations de défense des exilés ont depuis critiqué le centre pour ses conditions de détention et des atteintes aux droits humains, faisant état de vers dans la nourriture, d’espaces inondés avec des excréments, ou du fait que des soins médicaux seraient refusés aux détenus. Le gouvernement a nié ces accusations.
Des conséquences pour la vie des Miccosukee
Quand les autorités ont présenté ce centre, « comme étant au milieu de nulle part, entouré d’alligators et de…
Auteur: Edward Maille

