En France, 47% de la pêche industrielle a lieu… dans des zones protégées

Les aires marines protégées françaises sont une coquille vide. C’est ce que l’on comprend en lisant le dernier rapport de l’association Bloom, publié le vendredi 7 octobre. Selon les calculs de l’association, près de la moitié de la pêche industrielle ayant lieu dans la zone économique exclusive française — c’est-à-dire l’espace maritime sur lequel l’État dispose de tous les droits en matière d’exploitation des ressources naturelles — se déroule dans des zones dites « protégées ».

Afin de parvenir à ces résultats, les auteurs de cette étude ont croisé les données de la plateforme Global Fishing Watch, qui répertorie les activités des navires de pêche à travers le monde, et les données cartographiques du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur les aires marines protégées. Cela leur a permis d’estimer le nombre d’heures passées par des navires de pêche de plus de 15 mètres au sein des zones supposément préservées par l’État français.

Résultat : en 2021, la flotte industrielle a passé 47,2 % de son temps de pêche dans des aires marines françaises dites « protégées ». Ce pourcentage a globalement augmenté au cours des dernières années. En 2015, « seulement » 21,8 % de l’effort de pêche industrielle avait eu lieu au sein de réserves, de parcs naturels, de zones Natura 2000 et autres types d’espaces destinés à la protection de la biodiversité marine. « On crée de plus en plus d’aires marines protégées, mais elles n’ont aucun effet, les bateaux continuent à suivre les mêmes stratégies de pêche, analyse Swann Bommier, chargé du plaidoyer et des campagnes de Bloom et coauteur de cette étude. À ce rythme-là, on pourrait avoir 100 % d’aires marines protégées, et 100 % de zones chalutées. »


Effort de pêche industrielle pour l’année 2021 (dernière année complète). Les limites noires correspondent aux aires marines dites « protégées » de la zone économique exclusive de France métropolitaine (délimitée par les lignes grises). © Bloom, d’après les données AIS mises à disposition par la plateforme Global Fishing Watch

« Une imposture »

Ces incursions industrielles sont, dans leur immense majorité, parfaitement légales. Comme l’expliquait Reporterre dans une enquête, la plupart des aires marines protégées sont trop permissives pour avoir de réels effets sur les écosystèmes. Chaluts, dragueurs, senneurs et autres engins de pêche industriels peuvent y exercer librement, en dépit de…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin Reporterre

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