C’est un changement de paradigme majeur que pointe le comité des sciences de l’environnement de l’Académie des sciences dans son rapport “Les forêts françaises face au changement climatique”, paru en juin dernier.
Alors que les forêts, qui couvrent 31% du territoire métropolitain, jouent un rôle majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique grâce à leur capacité d’absorption du CO2, ces dernières assurent de moins en moins leur rôle de puits de carbone.
À tel point qu’en dix ans, la capacité de stockage du CO2 par les écosystèmes forestiers a été divisée par deux. La forêt française, qui absorbait 57,7 millions de tonnes de CO2 (Mt CO2) en 2011, n’en absorbait plus que 31,2 millions en 2021.
Une situation alarmante qui peut s’expliquer par différents facteurs selon Philippe Ciais, co-auteur du rapport et climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. Le réchauffement climatique, d’abord.
En dix ans, la croissance des arbres a chuté d’environ 10 %, du fait notamment des sécheresses récurrentes ces dernières années, “ce qui diminue leur fonction de puits de carbone”, détaille le chercheur. Les périodes de sécheresse extrême et la multiplication des ravageurs ont également conduit à des dépérissements massifs.
“Mais l’activité humaine est également responsable de la situation actuelle”, rappelle Philippe Ciais, pointant du doigt l’augmentation de la récolte de bois.
Dans ce contexte, certaines régions sont tout particulièrement impactées. C’est le cas des Hauts-de-France, de la Corse et du Grand-Est où, d’après des données fournies par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) et reprises par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), les forêts sont devenues des sources de carbone.
Dans la région Grand-Est, où la mortalité a été multipliée par…
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Auteur: Cecile Massin

