Toulouse, quartier Saint -Agne, il faut lever la tête pour voir, au 5e étage d’un bel immeuble d’habitation collectif des années 30 en train d’être rénové, des dizaines de curieux bols blancs collés sous l’avancée du toit.
Très vite, le gazouillis des habitantes de ce HLM se fait entendre : des hirondelles virevoltent. En ce début du mois d’août, Hélène Laviron de la LPO, jumelles collées aux yeux, voit de petites têtes dépasser.
« Pratiquement tous les nids sont occupés, on doit en être à la deuxième nichée [il peut y en avoir trois] », se réjouit-elle.
En compensation des 28 nids naturels enlevés, 54 nids fabriqués avec un mélange de bois et béton ont été placés ici et ont trouvé preneurs.
En 2002 a été mis en place un Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) en France. Les résultats sont effrayants. La population d’hirondelles de fenêtre (Delichon urbicum) a baissé de 30 % et celle de l’hirondelle rustique (Hirundo rustica) de 40 %.
Depuis 2022, la LPO de Haute-Garonne a d’ailleurs lancé un programme participatif d’inventaire des nids d’hirondelles et des colonies de martinets pour « permettre de préserver ces espèces en déclin, menacées par l’explosion du nombre de rénovations énergétiques des bâtiments souvent par l’extérieur, qui les accueillent. » Ce n’est pas la moindre des raisons de la disparition de ces oiseaux.
La raréfaction des flaques de boue, due à l’artificialisation croissante des sols et aux sécheresses précoces ont un impact négatif puisque c’est la matière première utilisée par ces espèces pour construire leur nid. La diminution de leur nourriture, à savoir les insectes, à cause de l’utilisation massive des pesticides est l’autre raison évidente.
Depuis la grande loi sur la protection de la nature du 10 juillet 1976, précisée par l’arrêté du 29 octobre 2009, il est interdit de détruire les habitats des hirondelles. Pourtant,…
Auteur: Valérie Lassus
