L’agriculture et l’industrie arrivent en dernier dans la loi
Au 15 juillet 2026, un quart des petites rivières françaises était à sec et un tiers affichait un débit inférieur à la moyenne saisonnière. Pourtant, dans la hiérarchie légale des usages de l’eau fixée en 2006, l’agriculture et l’industrie arrivent en dernier, loin derrière l’eau potable, la santé publique et la sécurité civile, qui comprend notamment la lutte contre les incendies.
Simon Porcher, spécialiste de la gouvernance de l’eau, résume cet ordre : « Dans les utilisations prioritaires, il y a l’eau potable, la santé, la salubrité publique et la sécurité civile. Cela inclut notamment la gestion de l’eau pour lutter contre les feux de forêt. Viennent ensuite les écosystèmes et les milieux naturels, puis l’ensemble des activités économiques. »
Sur le plan institutionnel, la France est pourtant souvent considérée comme un exemple de gouvernance de l’eau. Les instances locales réunissent des élus, des représentants de l’État et des associations, notamment environnementales et de consommateurs.
« Sur le papier, les institutions existent et sont plutôt bien conçues », note Simon Porcher. Il ajoute toutefois une réserve : « Dans la réalité, le lobbying s’exerce surtout au niveau national. » Selon lui, ce décalage apparaît également dans la manière dont la politique de l’eau est financée.
Les ménages financent l’essentiel de la politique de l’eau
Le financement repose sur deux mécanismes distincts. Le premier concerne directement le service public d’eau potable : les factures sont calculées selon les volumes consommés, et non selon les efforts de sobriété.
« Le financement des services publics d’eau potable repose sur la consommation d’eau, et non sur la sobriété », résume Simon Porcher. Moins les ménages consomment, moins les services disposent donc de recettes, alors même que les infrastructures…
Auteur: Axel Guerillot

