Les États-Unis sont en train de traverser une crise structurelle sans précédent sous l’égide de Donald Trump et de son gouvernement. Un à un, le président américain s’attaque à démanteler et à remodeler les pouvoirs et les garde-fous qui permettaient alors aux Américains de se targuer de vivre dans une démocratie.
Menace de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs, recul considérable en matière de protection de l’environnement, suppression des aides pour les plus démunis et politiques migratoires particulièrement féroce… La liste est longue, et ne cesse de s’agrandir. C’est désormais le monde de la recherche et de l’enseignement qui est dans le viseur du président américain.
« Our country will be woke no longer »
Pour ce qu’elle représente – la recherche de la vérité et la compréhension des mécanismes complexes qui régissent notre monde –, la science s’érige naturellement en tant qu’ennemi de Trump, dont le mensonge est l’arme principale pour faire progresser son idéologie rétrograde.
Car c’est sous couvert de combat contre la « woke culture » que prend place cette « chasse aux sorcières », qui met en péril des pans entiers de la recherche dès lors qu’elle aborde les conséquences des activités humaines sur le climat et l’environnement, ou encore le genre et les questions décoloniales. Sa remise en question de la science était donc prévisible, mais la proportion de l’acharnement qu’il mène n’en est pas moins inédite et inquiétante.
« De toute l’histoire des États-Unis, et peut-être de toute l’histoire des démocraties, aucun gouvernement n’a attaqué les sciences comme l’administration Trump, c’est pire encore que sous le maccarthysme » — alerte le mathématicien Cédric Villani dans un entretien accordé à l’Humanité.
Rapidement, les conséquences se font ressentir, créant une vague d’inquiétude et de colère dans le monde de la…
Auteur: Louis Laratte

