En France, le gel des avoirs est une arme islamophobe contre le combat palestinien

L’islamophobie française procède par saisons successives, inlassablement tournée vers un horizon répressif toujours plus sombre. Ces derniers mois, les rapports sur le présumé « entrisme des Frères musulmans » et sur les liens entre mouvements politiques et réseaux terroristes ont renouvelé l’engouement islamophobe d’une République dont les principes seraient « en péril » et l’espace public « plus vulnérable aux tentatives de manipulation ».

En assignant aux musulmans un « instinct inné et congénital de conspiration collective » (1), l’État cultive et institutionnalise une paranoïa islamophobe à laquelle il répond par des mesures inédites, comme le gel des avoirs.


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Des leaders de la lutte propalestinienne en France tels qu’Omar Alsoumi et Elias d’Imzalène, ou encore des acteurs culturels de la communauté musulmane – comme l’Institut européen des sciences humaines ou la revue Sarrazins — ont reçu un arrêté les informant que leurs « fonds et ressources économiques » faisaient « l’objet d’une mesure de gel des avoirs pour une durée de six mois » en application de l’article L.562-2 du code monétaire et financier.

Le registre antiterroriste apparaît clairement à la lecture de l’article : il s’applique à « des personnes physiques ou morales, ou toute autre entité qui commettent, tentent de commettre, facilitent ou financent des actes de terrorisme, y incitent ou y participent ».

Les deux piliers de l’accusation

À la lecture des notifications de gel, on découvre que deux griefs principaux permettent à l’administration d’établir un degré de suspicion…

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