La mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre lors d’un contrôle routier le 27 juin 2023, a déclenché en France une série de manifestations violentes qui se sont rapidement étendues à tout le pays et ont même franchi les frontières nationales.
Les réseaux sociaux ont joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il n’est donc pas surprenant que ces plates-formes soient devenues l’une des cibles des autorités françaises, Emmanuel Macron ayant évoqué la possibilité de couper l’accès aux réseaux sociaux durant des périodes de violences urbaines.
Les réactions à ces propos ont vite provoqué un rétropédalage du gouvernement, par l’intermédiaire de son porte-parole Olivier Véran, qui a déclaré que les restrictions pourraient se limiter à des suspensions de certaines fonctionnalités comme la géolocalisation.
Un débat qui agite aussi les instances internationales, comme l’ONU, qui s’interrogent sur le rôle des réseaux sociaux et sur la modération de contenus.
Le rôle des réseaux sociaux
Que les réseaux sociaux constituent, comme le soulignait déjà le Rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et expression de l’ONU en 2011, « un instrument de communication essentiel au moyen duquel les individus peuvent exercer leur droit à la liberté d’expression, ou […] de recevoir et de répandre des informations » est un fait indéniable. C’est d’ailleurs une vidéo largement diffusée en ligne qui a permis de remettre en cause la version des faits sur la mort de Nahel initialement avancée par les policiers impliqués.
Mais les réseaux sociaux ont ensuite beaucoup servi à partager des vidéos, y compris d’épisodes violents, ainsi qu’à organiser et à géolocaliser les mobilisations et les endroits visés par les dégradations ou affrontements. D’où la réaction du gouvernement français,…
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Auteur: Stefania Di Stefano, Doctorante en droit international, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

