Voilà maintenant trois ans que Pure Salmon avance ses pions sur un terrain de 14 hectares au Verdon-sur-Mer, estampillé site industriel clés en main par l’État. L’entreprise y promet une usine capable de produire 10 000 tonnes de saumon par an – soit près de 3 millions de poissons – la création de 250 emplois et 275 millions d’euros d’investissement.
Très vite, des collectifs de riverains, des associations locales et des professionnels de la pêche et de la conchyliculture se mobilisent. Ils dénoncent l’opacité d’un projet dont les répercussions – environnementales, sociales et économiques – semblent minimisées, et réclament un débat public fondé sur des données scientifiques, loin des promesses bien huilées de l’entreprise.
Une aquaculture « durable » aux rejets bien réels
L’élevage terrestre prévu repose sur des systèmes RAS (Recirculating Aquaculture Systems), où l’eau des bassins est filtrée, traitée, puis en partie réutilisée. Sur le plan marketing, cela permet de promettre une consommation d’eau réduite et de faire miroiter l’utilisation d’une eau prétendument pure. Dans les faits, cette technologie génère surtout des quantités massives de déchets.
FranceAgriMer indique que pour une production de 10 000 tonnes de saumons, les rejets atteindraient plusieurs milliers de tonnes de boues et de nutriments (azote et phosphore) par an.
« C’est comme si on construisait une ville qui a une consommation énergétique annuelle pour 40 000 habitants, mais qui a besoin d’une station d’épuration pour 100 000 habitants », résume Esther Dufaure, cofondatrice de l’association Seastemik, pour La Relève et La Peste.
Dans son avis, la MRAe Nouvelle-Aquitaine estime la production de boues à 27 tonnes par jour et pointe l’opacité du dossier sur les rejets d’azote et de phosphore, ainsi que l’absence de procédures en cas de dépassement des seuils autorisés. La menace que…
Auteur: Louis Laratte

