En Grèce, depuis quelques semaines, les apprentis artistes grincent des dents. Le 17 Décembre dernier, le gouvernement a décrété la dévalorisation générale des diplômes en art, les rétrogradant au niveau du baccalauréat.
Dans le même temps, le ministre de la Culture décide de nommer, sans passer par le processus de sélection de rigueur, Dimitris Lignadis comme directeur du Théâtre National d’Epidaure – condamné pour plusieurs viols sur mineurs.
Alors que les travailleurs de la culture sont de plus en plus malmenés – injonction à la rentabilité, travail gratuit, nécessité de flexibilisation (l’Art sera flex ou ne sera pas), le secteur apparait, d’autant plus après la pandémie de COVID 19, comme un des laboratoires des mesures néolibérales dans le pays.
Heureusement, les occupations se multiplient : c’est ce que Maria Kakogianni nous raconte ce lundi.
« Δέκα, εκατό, χιλιάδες καταλήψεις,
ενάντια σ’ έναν κόσμο οργανωμένης σήψης ! »
« Dix, cent, des milliers d’occupations contre le système de sypsis organisée ! »
Le slogan résonne dans les rues, dans les marges des AG qui durent jusqu’à 12 heures, pendant que les occupations fleurissent dans les théâtres Nationaux, municipaux, des écoles d’arts, pendant que des professeurs abandonnent leurs postes en bloc, des spectacles sont annulés. Sypsis ou la putréfaction, qu’est-ce qui se passe dans le milieu culturel en Grèce ?
Les lèvres officielles ne cessent de répéter : « vous n’avez pas compris ». Mais viennent des moments où tous ceux et celles qui ne comprennent pas agissent, s’insurgent, occupent leurs lieux de travail et d’étude. Cela fait plusieurs d’années qu’il y a un vide législatif concernant les diplômes des écoles d’arts en Grèce. C’est donc bien du savoir qu’il s’agit. Dans un système où l’argent est roi, et qui dit argent, dit mode d’équivalence, voilà qu’un certain nombre de « diplômes » n’avaient pas d’équivalence. S’il y a la question du savoir – qu’est-ce qu’on apprend dans une école d’art ? – et de l’autre, il y a son intégration dans le marché du travail.
Travail super-flexible, aux horaires super-souples, souvent mal payé, parfois pas rémunéré du tout, payé seulement le jour de la représentation, sans compter les heures de répétition… depuis que le rapport des forces entre le Capital et le travail a sonné la défaite organisée et la mise en retraite systématique, le…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

