De mémoire d’habitants de Santorin, l’île volcanique n’avait jamais connu un épisode sismique d’une telle intensité en quelques jours : des centaines de secousses qui ne laissent parfois que quelques minutes de répit et peuvent avoisiner une magnitude de 5 sur l’échelle de Richter. Comme dans la nuit de mercredi 5 à jeudi 6 février, où l’une des secousses a même dépassé ce degré. De quoi nourrir les peurs et susciter des départs massifs.
Le souvenir du séisme de 1956
Ces derniers jours, plus de 10 000 personnes ont quitté l’île, qui compte 15 500 habitants permanents, mais enregistre 3,5 millions de visiteurs en été. Les compagnies de ferry et les compagnies aériennes ont augmenté leur trafic pour permettre à une population éprouvée par les secousses telluriques à répétition de fuir la zone. Épuisée, également, d’avoir passé des nuits dans des voitures ou sous des tentes de fortune. Et probablement hantée aussi par les fantômes du passé : en 1956, un séisme de magnitude 7,7 avait frappé, dans la même région, l’île d’Amorgos provoquant la mort de 53 personnes.
Georgia Nomikou, présidente du conseil municipal de Santorin, ne veut pas céder à la panique : « Certains partent, c’est vrai. Surtout les familles avec des enfants petits, ou des personnes âgées ou à mobilité réduite à charge. Certaines professions aussi comme les professeurs ou les travailleurs saisonniers. Mais tout le monde ne quitte pas Santorin, nous qui vivons ici, nous savons bien que c’est une région sismique, assène-t-elle avec conviction. Hors de question de partir pour moi. On a juste un peu changé nos habitudes. À la maison, parents et enfants, nous dormons tous dans le salon. On finit par s’habituer aux secousses. La preuve, hier, j’ai dormi 7 heures d’affilée sans me réveiller une seule fois », poursuit-elle, en riant.
Malgré tout, de longues files de voitures se pressent toujours devant…
Auteur: Nadia Blétry, correspondante à Athènes (Grèce)

