En Grèce, une dérive vers les marges et le centre

Pas vraiment de débat, pratiquement pas d’articles dans la presse, pas d’affiches dans les rues, le moins que l’on puisse dire est que les élections européennes du 9 juin ne passionnent pas les Grecs. Encore moins à gauche qu’à droite, et pour cause. Porté par une vague d’espoir sans précédent, Alexis Tsipras, Premier ministre grec et président de Syriza, parti de la gauche radicale, était en 2014 le candidat à la présidence de la Commission européenne pour l’ensemble de la gauche européenne, qui voyait les lendemains qui chantent à portée de pouvoir.

Dix ans plus tard, Syriza cumule les échecs électoraux. Il est devenu le fossoyeur des espoirs d’une gauche grecque totalement déboussolée depuis l’implosion du parti lors de l’élection de son nouveau président en septembre 2023. Une élection inédite aux allures de primaire américaine, où Stefanos Kasselakis, inconnu au bataillon et ancien trader de la banque Goldman Sachs, s’est imposé.


Sur le même sujet : Stathis Kouvelakis : « En Grèce, les reniements de la gauche ouvrent la voie à une droite revancharde »

Tous les anciens ministres du gouvernement Tsipras ayant mené une bataille acharnée contre la rigueur imposée par les créanciers du pays, qui ont mis les Grecs à genoux, ont été, à la surprise générale, désavoués sans pitié. « Kasselakis apportait un vent nouveau et, surtout, il n’avait aucune usure du pouvoir », relève Manolis Biblis, journaliste à la télévision nationale ERT. Cela n’a pas empêché onze cadres historiques, fondateurs du parti pour certains, de claquer la porte. Ils ont refusé de rendre leur siège, tant au Parlement européen qu’au Parlement national, pour créer la Nouvelle Gauche.

Parmi les…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Angélique Kourounis