Les Abymes (Guadeloupe), reportage
Malgré les 29°C déjà affichés par le thermomètre, mardi 13 octobre, et les gouttes de sueurs qui perlent sur son front, Andréa, 16 ans, reste stoïque. Sur la pancarte qu’elle tient au-dessus de sa tête, on peut lire : « Trop jeunes pour être entendus, assez grands pour être réprimés. »
Andréa fait partie des élèves du lycée de Baimbridge, aux Abymes, bien décidés à rester mobilisés. « La police nous a bien fait comprendre mardi et mercredi dernier, qu’on ne devait pas manifester. On s’est pris du gaz lacrymogène », témoigne-t-elle. Près d’elle, son père Bertrand, venu pour la première fois la soutenir : « Je ne veux pas que ma fille soit en danger alors que ses revendications sont justes. »
La violente répression du mouvement lycéen n’empêche pas l’élève ainsi que ses camarades de continuer à dénoncer les conditions dans lesquelles ils étudient à commencer par la chaleur dans les salles. Même dans cette cité scolaire, pourtant rénovée entièrement en 2015, les problèmes d’isolation du bâtiment se font sentir : « On a des ventilateurs dans les salles, mais ils ne fonctionnent pas toujours. Une telle chaleur dans des classes surchargées à plus de 30, c’est insupportable », regrette Andréa.
Une atmosphère d’autant plus difficile à supporter que la Guadeloupe connaît des températures plus élevées que les normales de saisons ces derniers mois. Selon la tendance mensuelle de Météo-France, l’anomalie de chaleur pourrait atteindre 1 degré de plus d’ici au début du mois de novembre.
Écoles vétustes
Les plaintes autour de l’état des bâtiments scolaires en Guadeloupe ne datent pas de la mobilisation en cours. Déjà en 2025, les syndicats d’enseignants du second degré dénonçaient des problèmes dans « la gestion de la chaleur dans les établissements ».
Un communiqué rappelle : « En dehors de rares…
Auteur: Ludovic Clerima
