Foulard soigneusement noué dans les cheveux, Roshan enfile ses gants de boxe. Comme tous les soirs, l’ex-championne de muay-thaï s’apprête à monter sur le ring. « C’est bon de pouvoir s’entraîner. Je ne pouvais plus faire partie d’un club à Kaboul », souffle-t-elle. Au Boxing Club du tigre, situé en périphérie de Cayenne, la jeune femme d’une vingtaine d’années savoure à nouveau la liberté de pratiquer son sport.
À l’arrivée au pouvoir des talibans, le 15 août 2021, Roshan voit ses libertés brutalement restreintes par le nouveau régime : privée d’éducation, d’entraînement, de compétition et menacée de persécutions. Le départ s’impose comme seule option. Début 2023, elle décide de quitter l’Afghanistan. « J’ai fui parce que la situation était devenue invivable. Pas seulement pour moi, mais pour toutes les filles et les femmes afghanes », raconte-t-elle.
Pour rejoindre la France, Roshan emprunte un itinéraire méconnu du grand public. « De Kaboul, j’ai pris l’avion pour l’Iran, précise-t-elle. Je suis ensuite passée par le Qatar pour rejoindre le Brésil. » Son périple s’achève lorsqu’elle traverse l’Oyapock, le fleuve qui marque la frontière entre l’État brésilien de l’Amapá et la Guyane française. Elle entre alors sur le territoire français, où elle espère reconstruire sa vie en démarrant une formation d’infirmière.
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Comme Roshan, des milliers de réfugiés afghans, syriens et sahraouis ont choisi la Guyane comme point de chute. « Depuis 2019, un flux constant de personnes issues du Moyen-Orient arrive sur le territoire, explique Lucie Curet, déléguée nationale en région Amériques de La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Tristan Dereuddre

