Les dernières lueurs du jour se reflètent sur les eaux du Maroni. Le bruit sourd du moteur de la pirogue contraste avec la tranquillité du fleuve et de ses berges. Au sud de Maripasoula, en terres wayanas, la forêt amazonienne, avec ses multiples espèces d’arbres, défile, formant une barrière végétale en apparence impénétrable. Mais derrière ce décor de nature vierge, les signes d’une activité illégale commencent à apparaître.
La pirogue ralentit à l’approche d’une ouverture discrète dans la végétation. Là, un chemin a été dégagé par les garimpeiros, des travailleurs clandestins venus du Brésil pour extraire l’or des sols guyanais. Ils seraient aujourd’hui entre 5 000 et 10 000 sur l’ensemble du territoire, dont 2 000 aux alentours de Maripasoula. Les traces fraîches laissées par leurs motos et leurs quads révèlent leur passage récent vers leur site d’extraction. « Ils ont besoin de ces pistes pour ravitailler leur camp en nourriture et en gasoil », glisse Linia Opoya, habitante du village amérindien de Talhuwen.
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Elle connaît chaque recoin de cette portion du Haut-Maroni, y compris les passages qu’empruntent les orpailleurs. « Ils ont environ trois autres chemins pour rejoindre leur site, celui-là, c’est le nouveau », témoigne-t-elle. Une pluralité d’accès qui permet aux garimpeiros de se frayer un chemin à travers la densité de la forêt, dans le but d’acheminer le matériel et les vivres vers leur camp.
Ravitaillement constant
L’organisation d’un site d’orpaillage ne s’improvise pas. Elle nécessite une logistique gigantesque, difficile à acheminer, au cœur de l’Amazonie. Pour extraire…
Auteur: Tristan Dereuddre

