« Haïti est entrée dans une phase critique de son processus de restauration des institutions démocratiques », a averti mercredi Carlos Ruiz Massieu, principal représentant de l’ONU dans le pays, devant le Conseil de sécurité. La formule est diplomatique, mais le message est clair. « L’heure des manœuvres politiques est terminée », a-t-il lancé, appelant l’ensemble des acteurs haïtiens – autorités de transition, partis, société civile, secteur privé, leaders religieux – à « prioriser l’intérêt national et agir avec responsabilité et retenue ».
Cette mise en garde intervient alors que l’ONU rétablit progressivement l’intégralité de sa présence à Port-au-Prince, après deux années marquées par des évacuations de personnel en raison de l’insécurité chronique. Le redéploiement du personnel international du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) de M. Ruiz Massieu, rendu possible par des accords logistiques et sécuritaires régionaux, marque un changement de dynamique.
Un cadre électoral posé, sans date de scrutin
L’ONU peut s’appuyer sur des jalons formels. Le responsable a souligné l’adoption d’un décret électoral le 1er décembre 2025, suivie de la publication d’un calendrier électoral le 23 décembre. Ces textes, a-t-il estimé, « fournissent un cadre opérationnel pour aller de l’avant après des années de retard ». Aucune date de scrutin n’est encore avancée, mais ces décisions pourraient marquer, selon lui, un changement de phase après une longue paralysie institutionnelle.
Les électeurs haïtiens n’ont pas pris le chemin des urnes depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021. Depuis 2024, le pays est dirigé par un Conseil présidentiel de transition, initialement chargé d’organiser des élections générales d’ici le 7 février prochain, date butoir pour la remise du pouvoir à des dirigeants élus.
Des avancées sécuritaires…
Auteur: Nations Unies FR

