En Île-de-France, le business des promeneurs de chiens abîme la forêt

Forêt de Meudon (Hauts-de-Seine), reportage

C’est un ballet devenu habituel pour les usagers de la forêt de Meudon (Hauts-de-Seine). Tous les jours de la semaine, des camionnettes de promeneurs de chiens se garent dans les différents parkings du bois. Le business de la promenade de chiens en meute est florissant. Pour une trentaine d’euros par sortie — le prix est variable suivant les prestataires — les promeneurs proposent aux propriétaires, souvent urbains et actifs, de sortir leurs chiens à leur place. Sur leurs sites, ils vantent le bien-être de l’animal, qui a besoin de se dépenser et de socialiser avec d’autres chiens. Les forêts les plus proches de Paris, notamment celle de Meudon ou celle des Fausses-Reposes, sont particulièrement concernées par l’arrivée de ces nombreuses sociétés.

En forêt de Meudon, la situation ne fait pas que des heureux. Les autres usagers se heurtent parfois à des meutes d’une dizaine voire d’une quinzaine de chiens, la plupart sans laisse. Ce qui n’est pas sans créer des conflits, qui font écho dans les mairies du secteur. « À Chaville, il existe un groupe Facebook d’entraide entre habitants, avec 5 000 membres. On y parle des chiens plusieurs fois par mois », constate Hervé Lièvre, premier adjoint au maire de Chaville, l’une des six communes où est implantée la forêt domaniale. En cause, des rencontres avec des chiens sans laisse, qui parfois poursuivent leur propres animaux ou font peur à leurs enfants. En 2019, la ville s’est alignée sur ses voisines Meudon et Clamart et a pris un arrêté pour limiter à quatre le nombre de chiens en promenade simultanée. Un arrêté « impossible à faire respecter », regrette Hervé Lièvre, qui estime que la police à d’autres missions à mener, et que les opérations de sensibilisation des gardes champêtres n’ont pas changé la donne.

Avec ses nombreux étangs, la forêt de Meudon recèle une biodiversité variée et sensible. ©YN/ONF

Cela fait plusieurs années que l’Office national des forêts (ONF), qui est chargé de la gestion des forêts d’Île-de-France, est alerté par l’augmentation du phénomène. « Il y a de plus en plus de sociétés, dit Michel Béal, directeur de l’agence territoriale Île-de-France Ouest à l’ONF. Certaines, officielles, ont des camions floqués, mais beaucoup de gens exercent aussi sans être déclarés. » Au-delà des conflits d’usage, la présence constante de chiens est aussi un problème pour la biodiversité, même si le phénomène est difficile à…

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Auteur: Reporterre