Paris, reportage
La « rébellion commune » n’a finalement pas eu lieu, étouffée dans l’œuf par la préfecture de Paris. Le 21 mars, Extinction Rebellion prévoyait un grand week-end d’occupation festive devant le Conseil d’État pour « se réapproprier la démocratie et rappeler le bon sens à nos élus », à la veille du deuxième tour des élections municipales. Tables rondes, chorale, théâtre… L’événement se voulait festif et délibératif : une grande assemblée populaire à ciel ouvert.
Plusieurs centaines de personnes étaient attendues par les organisateurs pour débattre de démocratie et d’écologie. Mais la préfecture de Paris ne l’a pas entendu de cette oreille. Le 20 mars, la veille de l’événement, un arrêté préfectoral a interdit tout rassemblement dans le centre-ville de Paris et autour de l’Élysée.
Branle-bas de combat au sein du mouvement qui tenait à maintenir son week-end festif et militant. À la dernière minute, dans la matinée du 21 mars, les quelque 300 militants, selon les organisateurs, se sont finalement rabattus sur la passerelle Simone de Beauvoir, à deux pas du ministère des Finances, en espérant échapper au moins quelques heures au quadrillage policier. En vain.
« Nous n’avons même pas bloqué le pont »
Dès 10 heures, les équipes logistiques d’Extinction Rebellion se sont activées : montage d’une estrade en bois pour organiser des conférences tout le week-end, grande urne pour recueillir des propositions discutées ensuite en assemblée générale, stand de restauration… Rapidement, entre 200 et 300 personnes ont arpenté la passerelle qui surplombe la Seine, attendant le début des festivités.
Mais à 11 heures, les premiers cordons policiers sont arrivés. Rapidement, des lignes de CRS ont bloqué les deux entrées du pont. En face d’eux, les activistes d’Extinction Rebellion ont formé des chaînes humaines. Une chorale a chanté des…
Auteur: Benoît Collet, NnoMan Cadoret

