Selon le chercheur Rajkumar K. P., membre de la Société zoologique de Londres, des photographes auraient endommagé son microhabitat en cherchant à l’approcher et à la manipuler.
Révélée par The Guardian, l’affaire met en lumière une menace moins visible que la déforestation ou le braconnage. Celle de pratiques photographiques intrusives sur des espèces très fragiles.
La grenouille galaxie est un amphibien rare, endémique des Ghâts occidentaux, au sud-ouest de l’Inde. Elle se dissimule sous les troncs, dans les feuilles mortes et l’humidité de la forêt. Ses tâches bleutées, loin d’indiquer un quelconque venin, serviraient en réalité de langage.
Surtout, elle est la seule espèce de sa lignée. Son habitat immédiat, très localisé, suffit à mesurer sa vulnérabilité. Le moindre dérangement peut avoir des conséquences lourdes.
Un habitat dégradé
C’est ce qu’a constaté Rajkumar K. P. lorsqu’il est revenu sur le site où il avait repéré sept spécimens avant la pandémie de Covid-19. Le tronc sous lequel vivaient les amphibiens avait été brisé et déplacé, la végétation piétinée, et les grenouilles avaient disparu.
Un temps évoquée, la piste des mangoustes brunes ne tient pas. Les dégâts ne correspondent pas à une prédation naturelle.
Selon plusieurs témoignages recueillis par le chercheur, des groupes de photographes auraient retourné des troncs pour débusquer les amphibiens, puis les auraient manipulés afin de les mettre en scène.
« Il (un guide local présent à ce moment-là) a expliqué qu’ils emmenaient l’animal vers un joli décor ou un tronc moussu pour le photographier, le déplaçant d’un endroit à l’autre afin d’obtenir de meilleures images », raconte le chercheur au Guardian.
Ce jour-là, « Ils ont attrapé cinq ou six grenouilles, et deux d’entre elles sont mortes ». Deux grenouilles seraient mortes après avoir été manipulées trop longtemps. Les autres n’ont…
Auteur: Joanna Blain

